Judo traditionnel

Responsable de la Division Nationale "Judo traditionnel" (RDN) : Vincent FERNANDEZ (5ème Dan FSC)

  • - Équipe technique : Abbas HAFAYED (5ème Dan FSC), Christophe BERTIN (5ème Dan FSC), David SOULIER (4ème Dan FSC)
  • - Référent national des grades : Hector CORRAL (8ème Dan FSC)

 


► JUDO TRADITIONNEL

Sport et art martial japonais créé au 19ème siècle

« Voie de la souplesse ». Le judo est une discipline martiale japonaise des plus populaires au monde et devenu sport olympique en 1964. Art martial de défense créé au 19ème siècle par l’expert japonais Jigoro Kano (1860-1938) à l’âge de 22 ans. Par rapport « Ko Budo (1) » ou anciennes pratiques de combat japonaises, le Judo est ce qu’on appelle un « Shin Budo », c’est-à-dire une « nouvelle voie martiale ». Il définit sa philosophie par des principes issus du Ju-jutsu (2) ancestral japonais :

  • - « Utilisation rationnelle de l'énergie »
  • - « Entraide et prospérité mutuelles ».

Ce système de combat est fondé à partir des pratiques ancestrales japonaises notamment des écoles de Ju-jutsu [''Tenshin Shinyo Ryu'' et ''Kito Ryu'', que Jigoro Kano avait pratiqué durant six années] et dont il fait dans un premier temps la synthèse.

N’ayant pas de « Menkyo (3) » ou certificat de maîtrise (4), il adopte sa propre méthode, et lui donne le nom de « Judo ».

La légende dit que pour établir les principes du Judo, Kano s'inspira du spectacle d'arbres couverts de neige, lors d'un hiver rigoureux, en remarquant que les branches du cerisier réagissaient différemment des roseaux. Sous le poids de la neige abondante, les branches de cerisiers, dures, cassaient alors que les roseaux, plus souples pliaient et se débarrassaient de « l'agresseur » avec souplesse. La « voie de la souplesse était née », cette légende est en fait celle de la création du Ju-jitsu bien avant la création du Judo.

Également ce qui semble l’avoir séduit dans l’enseignement de l’école Kito Ryu, ce sont les applications dynamiques d’un principe déjà ancien, celui de « l’utilisation rationnelle de l’énergie »

Kano a banni toute violence inutile et toute technique dangereuse, pour en faire un système éducatif, à usage sportif, pour la jeunesse de son pays. Il transformait une méthode guerrière et brutale de combat à mains nues (Ju-jutsu) en un art du Budo (5), où l’éthique et la recherche de la maîtrise de soi, dans le but de développer sa personnalité, pour affirmer un état d’esprit constructif et non-violent : « Entraide et prospérité mutuelle ».

Kano ouvre son premier Dojo (salle d’entraînement) à Tokyo en 1882, le Kodokan. Il supprime les techniques coups frappés pour ne retenir que projections et contrôles dans sa synthèse. En imposant à ses pratiquants une manière de saisir par le col et la manche de la veste, il s’éloignait des manières de faire de l’ancien Ju-jutsu. À l’aide de ses assistants pour la mise en place d’une progression technique, le Gokyo. Ce répertoire est composé de formes de projection (Nage-waza), l’étude des chutes (Ukemi-waza) et les formes de contrôle au sol (Ne-waza). Les anciennes techniques propres aux vieilles écoles (Koryu) de Ju-jutsu (techniques de percussion et de soumission notamment) sont enseignées en partie dans la version « Ju-jutsu défense » et certains Kata (6) pour pratiquants avancés.

Dans les années 1920-1930, un ambassadeur japonais du Kodokan, Mikinosuké Kawashi, après un séjour en Angleterre puis une installation définitive en France, remanie le Gokyo pour l’adapter à l’Europe dont la parution en librairie sortira après la seconde guerre mondiale. A l’époque, il ramène également d’Angleterre le système de progression de ceintures de couleur en vigueur aujourd’hui en France.

Kano fit en sorte que les techniques de son judo, comme celles de l’ancien Ju-jutsu même non praticables en assaut sportif (Randori), soient regroupées dans une sorte de « mémoire » centrale, les « Kata », transmissibles aux générations suivantes selon des groupes d’apprentissage distincts : projections, contrôles au sol, décision, auto-défense, souplesse, cinq principes, techniques anciennes, contre-prises, dureté, etc.

 

(1) Kobudo (Jap.)Désigne l’ensemble des arts martiaux japonais pratiqués avec des armes non conventionnelles ou mineures (moins courantes). Il existe historiquement des kobudo japonais (Nihon-kobudo) et des Kobudo d’Okinawa (Okinawa ko-budo jutsu ou Ryukyo-Kobukutsu).
(2) Ju-jutsu (Jap.) : « Technique de la souplesse », principe général appliqué au combat, dans un système de combat au corps à corps élaboré au Moyen Âge japonais et intégrant aussi bien les techniques à mains nues que d’autres faisant appel à des armes (notamment le sabre). Ces techniques adoptent cette appellation au cours du 17ème siècle. A cette époque, il existe une centaine d’écoles que compose le Japon féodal et postféodal. Ces écoles enseignent un large éventail de techniques de saisies, contre-saisies, projections, luxations, strangulations et immobilisations. Dans certaines écoles est enseigné les techniques de frappe (Ate-waza). Certaines écoles sont également proches du Nin-jutsu (7) japonais. La référence à "Ju", souligne l’essence du procédé : il s’agit dans une confrontation, de ne pas engager une force brute mais utiliser du mieux possible celle de l’adversaire, de mettre la technique nécessaire à la victoire en harmonie avec la situation. Souplesse dans l’esprit (tactique) comme dans la forme (technique). Les anciennes techniques de Ju-jutsu ont été à la base de la synthèse faite par Jigoro Kano à la fin du 19ème siècle dans une optique éducative et sportive, le « Judo ».
(3) Menkyo (Jap.) en Bu-jutsu (8) : Licence, autorisation donnée par un maître d’art martial (Shihan, Senseï) à un disciple, lorsqu’il considère que ce dernier a atteint un niveau de compréhension le rendant capable de transmettre l’école à travers son enseignement. ("Men" vient de "Manuka", être libéré ; "Kyo" signifie, autorisé). Le Menkyo se présentait sous forme de rouleau (Makimono) où sont inscrites différentes informations concernant celui qui le recevait, comme son nom, son niveau, les techniques apprises. Il existe plusieurs niveaux de maîtrise et « les délais de passage de ces reconnaissances de l’un à l’autre dépendent de chaque école (...) ». Cette disposition classique du temps du Bugei (9), et qui subsiste encore dans certaines écoles traditionnelles du Budo (4) actuel, a été quelque peu reprise dans l’attribution des titres d’enseignants (Renshi, Kyoshi, Hanshi). Dans le système de gradation par « Dan », intervenant en général à partir du 4ème Dan.
(4) Butokukaï (Jap.) : aussi « Budokukai ». L’association Dai Nippon Butokukai a été fondée en 1895 à Kyoto et fut chargée par les autorités d’organiser et de classifier les divers styles et écoles d’arts martiaux (Bu-jutsu) qui s’étaient multipliés pendant la longue période des Tokugawa (1603-1868), dans le cadre légal et officiel. Avec la mission, pour un comité d’experts spécialement constitué d’authentifier grades et titres de maîtrise (Shihan-menjo). Cette association créa les titres, en ordre croissant de Renshi (expert), Kyoshi (maître) et Hanshi (grand maître). 
(5) Budo (Jap.) : « voie du combat » ou « voie du guerrier ». De "Bu" = martial eu "Do" = voie. Désigne l’ensemble des arts martiaux japonais pratiquées en tant que « Voies » ("Do" ou "Michi") éthiques, chemins de perfectionnement de l’homme en quête de soi-même. »
(6) Kata (Jap.) : représente une séquence de combat (imaginaire et simulée) contre un ou plusieurs adversaires attaquant sous différents angles. Ensemble d’actions d’attaque et défense. Cet enchaînement est réalisé avec un partenaire lorsque saisies, contrôles, projections, rentre dans la réponse donnée à l’attaque. Les kata constituent en quelque sorte les archives d’un art martial, le vivant testament, ou code gestuel, qu’il faut savoir pénétrer pour toucher à l’essence de l’art. On les appelait autrefois « trésors infinis » car on les considérait comme de véritables clés pour la connaissance.
(7) Nin-jutsu (Jap.) : « (..) ensemble des arts martiaux japonais pratiqués, à l’origine, par les membres d’une caste particulière : celle des ninja. Le Nin-jutsu fut qualifié de techniques d’espionnage du Japon féodal. »
(8) Bu-jutsu (Jap.) : « technique de combat » ou « technique du guerrier ». De "Bu" = martial et "Jutsu" = technique. Désigne l’ensemble des techniques en usage chez les guerriers de l’ancien Japon (…) ». Développées à partir des Bugei (8) anciens. Le premier développement significatif du Bu-jutsu intervient au 12ème siècle, parallèlement à la montée de la classe militaire japonaise (la Buké). Plus près de notre ère, il désigne l’ensemble des arts martiaux japonais pratiqués avec armes et sans armes. Il convient de distinguer deux types de Bu-jutsu : les Bu-jutsu Anciens et les Bu-jutsu Modernes. Les principaux Bu-jutsu Anciens sont les suivants : Aiki-jutsu, Bo-jutsu, Iai-jutsu, Bu-jutsu, Bu-jutsu, Ju-jutsu, Ken-jutsu, Naginata-jutsu, etc
(9) Bugei (Jap.) : « méthode pour le combat ». De "Bu" = martial eu "Gei" = art. Désigne l’ensemble des techniques utilisées par les guerriers (Bushi) dès le Haut Moyen Âge japonais, strictement étudiées et codifiées. ». « Le « Bugei » devient « Budo » à une époque où lorsque les préoccupations d’ordre éthique influencèrent de plus en plus les techniques », et notamment à la fin du 19ème siècle avec l’arrivée des sports modernes. »
 
Sources :
-       Brousse Michel, ''Le judo son histoire, ses succès'', Éd. Minerva, Paris, 2002
-       Habersetzer Gabrielle & Roland, ''Encyclopédie des arts martiaux de l'Extrême-Orient'', Éd. Amphora, Paris, 2000
-       Lombardo Patrick, ''Encyclopédie mondiale des arts martiaux'', Éd. E.M., Paris, 1997.

 


Les formes de pratique

En compétition, le Judo est une forme de rencontre martiale et sportive qui se concentre sur l'opposition au corps-à-corps (saisies, projections, immobilisations, clés articulo-musculaires et étranglements sportifs).

  • - Pour le judo avec départ debout (Nage-waza) : l’objectif est soit de projeter l’opposant avec énergie au sol, soit de l’amener au sol, afin de l’immobiliser (neutraliser) ou l’obliger à l’abandon (par une clé de bras ou un étrangement).
  • - Pour le judo uniquement au sol (Ne-waza) : le but est d'obtenir notamment un abandon de l’adversaire en utilisant des « techniques dites de contrôle voire de soumission pour les pratiquants les plus âgés » (immobilisations, clés articulo-musculaires et étranglements).

En plus de la pratique sportive, les séances enseignent conjointement les techniques de mise en forme physique et de self-défense (Ju-jutsu moderne).

 


Les compétitions

Deux formes principales de rencontre sportive en Judo de compétition :

  1. "Nage-waza" : rencontre démarrant en position debout et pouvant s’achever au sol.

 

  1. "Ne-waza" : rencontre exclusivement au sol.


Règles, catégories d'âge et de poids

 

  • . Médical

  • CERTIFICATS MEDICAUX - voir au menu "compétitions"

 


Les grades techniques de base, délivrés par l'enseignant du club, en "judo traditionnel" 

. Les grades de base (dites "ceintures de couleur") pour un pratiquant de moins de 15 ans

En France, il est d’usage dans les sports de combat depuis la fin des années 1980 d’utiliser les ceintures à section pour les jeunes de moins de 15 ans (blanche à 1 liseré ou 2 liserés, blanche-jaune, jaune-orange, orange-verte). Ce dispositif permet de rajouter des grades intermédiaires pour des jeunes ayant une pratique précoce. Cette gradation a été mise en place par la WKA-France/FSC dès 2002.

 

. Les grades de base pour un pratiquant de 15 ans & plus

Cette progression fut instiguée dans les années 1920 en Angleterre, notamment en Judo, et introduite en France par l'expert d'origine japonaise, Mikinosuke KAWAISHI.

 

 

 

 

N.B. : Le dispositif d'obtention des grades de couleur en club est détaillé au menu "Diplômes de grades techniques"

 


Les grades techniques supérieurs, délivrés à la F.S.C. par un jury fédéral, en "judo traditionnel"

La progression des degrés de ceinture noire (Dan FSC) respecte celle de la plupart des fédérations internationales de sport de combat et d'arts martiaux notamment d'arts martiaux japonais.

. Formules d'accès aux grades techniques supérieurs (Dan FSC) :

A. Filière des examens fédéraux – formules dites EXAMENS TECHNIQUES [ET] ci-dessous :
  1. Examen technique classique pour un moins de 35 ans [ETC]
  2. Examen technique aménagé pour un vétéran de 35 ans et plus [ETA]
  3. Examen technique spécial pour un cadre fédéral, athlète émérite et entraîneur émérite [ETS]
  4. Examen technique en sport adapté (handisport) [ETH]
  5. Examen technique réduit pour un compétiteur disposant de 50% de points de compétition (nombre de rencontres, nombre de victoires et titres sportifs) [ETR] - Voir les formulaires fédéraux "demande d’accession de la C.N. résultats de compétition » par les titres sportifs" ou "demande d’accession à la C.N. par les titres sportifs de haut niveau"
 B. Filière de la validation des acquis de l’expérience [VAE] – formules EXPÉRIENCE et RÉSULTATS DE COMPÉTITION ci-dessous :
  1. Reconnaissance des expériences techniques pour un vétéran de 35 ans et plus [RET] - Voir le formulaire fédéral "demande « demande d’équivalence, mise à jour et V.A.E. avec diplôme"
  2. Accession par les résultats de compétition pour la CN1° à CN5° (addition des points de combat : nombre de rencontres, victoires, titres et podiums) [ARC] - Voir le formulaire fédéral "demande d’accession à la C.N. par les résultats de compétition"
  3. Accession par les titres sportifs en junior/senior de la série « élite » pour la CN1° à CN5° [ATS] - Voir le formulaire fédéral "demande d’accession à la C.N. par les titres sportifs de haut niveau" (voir le barème de réduction de temps d'attente entre chaque grade)
  4. Accession à titre exceptionnel [ATE] - Voir le formulaire fédéral "demande d’accession à la C.N. à titre exceptionnel"
C. Filière de l’équivalence d’un diplôme fédéral [EDF] & mise à jour d’un diplôme fédéral [MDF] - Voir le formulaire fédéral " demande « demande d’équivalence, mise à jour et V.A.E. avec diplôme"
N.B. : Le dispositif d'obtention de la ceinture noire est détaillé au menu "Diplômes de grades techniques"

 

. Programme des examens techniques des grades supérieurs délivrés par un jury fédéral

Voir la page : https://www.fscfrance.fr/sujets-des-examens-techniques/ au chapitre "arts martiaux traditionnels" puis "judo traditionnel"

 


Diplômes d'enseignant bénévole de club, délivrés à la F.S.C. par un jury fédéral, pour le "judo traditionnel" 

Comme pour les autres disciplines affiliées à la FSC, il existe TROIS niveaux de diplôme d'enseignant de club :
    • - [AAF] : Attestation d'ASSISTANT-ANIMATEUR.
    • - 1er degré [DAF] : Diplôme d'ANIMATEUR fédéral (MONITEUR 1er degré). Il permet de mettre en place et d’encadrer une séance de sports de combat et arts martiaux quel que soit le public.
    • 2e degré [DIF] : Diplôme d'INSTRUCTEUR fédéral (MONITEUR 2è degré). Il permet d’assurer la responsabilité technique et pédagogique d’un club de sports de combat et arts martiaux.
    • - 3e degré [DPF] : Diplôme de PROFESSEUR fédéral (MONITEUR 3è degré). Correspond à un enseignant expérimenté dans sa propre discipline et possédant des fortes connaissances dans les disciplines du même groupe permet des fonctions de cadre régional - aide à la formation des diplômes d’enseignant de club et siéger à des  jury d'examen de diplômes d'enseignant.
    N.B. : Le dispositif de formation d'enseignant de club est détaillé au menu "Diplômes d'enseignant de club"
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